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Politique sur l'utilisation de l'intelligence artificielle générative

Attestation des maisons d'édition

Le Prix des libraires du Québec applique, dès l’édition 2026, une exigence relative à l’utilisation de l’intelligence artificielle générative. Cette exigence vise à protéger l’intégrité du Prix et à affirmer une valeur centrale : les œuvres reconnues doivent refléter une démarche de création humaine.

Dans le cadre de l’admissibilité, chaque maison d’édition dont un titre figure sur la liste préliminaire doit attester, par écrit, qu’aucun outil d’IA générative n’a été utilisé pour générer le contenu créatif principal de l’œuvre. Par « contenu créatif principal », nous entendons le contenu qui relève du geste de création et qui porte l’intention artistique ou littéraire de l’œuvre (par ex. l’invention et la formulation du texte, la composition d’illustrations, ou la génération d’éléments visuels déterminants).

Cette attestation couvre notamment :

  • la génération du texte (en tout ou en partie substantielle) ;
  • la réécriture substantielle du contenu littéraire à partir de sorties d’IA ;
  • la génération d’images ou d’éléments visuels déterminants, incluant la couverture et les illustrations.

Cette exigence ne vise pas à dresser une liste d’outils « permis » ou « interdits ». Elle vise une frontière simple : l’outil assiste-t-il un travail humain, ou produit-il à la place de la personne qui signe l’œuvre? L’exigence du Prix s’applique uniquement dans ce second cas.

La création humaine est au cœur de la mission du Prix, autant dans la création des œuvres et le travail des équipes éditoriales que dans la lecture et le jugement des libraires. Nous affirmons, en cohérence avec le RAH, que le travail de création derrière la littérature doit être le fait d’humain·e·s, et que les œuvres récompensées par les libraires doivent refléter cette création.


Foire aux questions

Le Prix veut affirmer une valeur centrale : reconnaître et célébrer des œuvres issues d’une démarche humaine assumée et créativement engagée. La règle vise les cas où une IA se substitue au geste créatif en générant le contenu créatif principal, qu’il soit littéraire ou visuel.

Pas nécessairement. La frontière n’est pas l’outil, mais l’usage.

Des fonctions d’assistance peuvent exister (correction, suggestions, retouches techniques). Si la personne qui signe l’œuvre demeure en contrôle, choisit quoi retenir et assume le résultat, il s’agit d’assistance, pas de substitution créative. Le livre devient problématique lorsque l’IA génère à la place de l’auteur·rice ou de l’artiste le contenu créatif principal (texte, invention, images ou éléments visuels déterminants).

En pratique, la correction et la révision linguistique, des suggestions ponctuelles non déterminantes, la mise en page, ainsi que des retouches techniques d’images (netteté, débruitage, sélection automatique, ajustements) ou la gestion des couleurs relèvent généralement d’une assistance.

À l’inverse, la génération de passages substantiels, la réécriture par IA de paragraphes ou de sections, la production d’une couverture ou d’illustrations générées, ou la création d’éléments visuels centraux à partir d’instructions ou de requêtes relèvent généralement d’une substitution créative.

 

Non. Une œuvre peut explorer l’IA comme thème ou comme objet littéraire (par ex. dialogue mis en scène, dispositif narratif, matériau poétique) sans déléguer l’écriture ou la création visuelle à une IA. La règle vise la fabrication automatisée de contenu créatif, pas l’IA comme sujet.

C’est un engagement professionnel de bonne foi, qui engage la responsabilité de la maison d’édition, comme il en existe déjà pour l’originalité d’une œuvre ou le respect des droits d’auteur. L’objectif n’est pas la surveillance totale, mais une responsabilité partagée autour d’une valeur commune : la création humaine.

Le Prix ne prétend pas pouvoir vérifier systématiquement chaque étape de création. Le mécanisme principal est l’attestation de bonne foi et la responsabilité des parties prenantes. Si des informations crédibles indiquent qu’une attestation pourrait être inexacte, le Prix pourra demander des clarifications à la maison d’édition.

Le Prix se réserve le droit de prendre les mesures appropriées selon la situation (par ex. retrait d’admissibilité, retrait d’une sélection, communication corrective), afin de préserver l’intégrité du Prix.

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